La responsabilisation du patient est inévitable

Malheureusement, le médecin et le patient ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde. Il y a un fossé qui les sépare et le médecin ne peut pas toujours trouver le temps d’informer le patient adéquatement.

De son côté, celui-ci s’aperçoit souvent trop tard qu’il n’a pas retenu toutes les informations. Il peut juger trop complexe de communiquer avec le professionnel de la santé et ne pas suivre le traitement recommandé.

Les Lumières du 21e siècle

La médecine participative, qui gagne de plus en plus de terrain, met de l’avant la responsabilisation du patient : celui-ci doit se prendre en main et faire ses choix. Cependant, il faut qu’il soit éclairé : il lui faut un « navigateur », quelqu’un qui l’aide à prendre des décisions. Le résultat est un patient informé, satisfait, ayant moins de détresse et anxiété, pas de conflits et de regrets.

L’idée d’un « navigateur » n’est pas nouvelle : dans les années 90, Harold Freeman a mis le concept à l’essai à Harlem, un secteur de New York. Depuis moins de dix ans, différents hôpitaux aux États-Unis ont implanté un programme afin de guider les patients.

En France, l’Université des patients est une initiative automisant les gens aux prises avec des maladies chroniques, en leur donnant les connaissances et le vocabulaire appropriés pour discuter avec les médecins, dans des conversations plus égal à égal.

Au Québec

Le concept a été repris à l’Université de Rimouski en 2017. Cette approche aussi se retrouve à l’Université de Montréal (UdeM). Le Devoir rapportait en 2015 l’embauche de 200 patients, formés adéquatement, afin d’enrichir l’enseignement de la Faculté de médecine de l’Université. L’UdeM met à la disposition de tous le Guide d’implantation du partenariat de soins et de services, qui éclaircit le rôle de chacun et ce qu’ils ont apporté un à l’autre, de même que des exemples de contexte de partenariat.

Un projet qui visait à la responsabilisation de patients souffrant de maladies chroniques dans la MRC du Rocher-Percé en 2011 a montré des résultats positifs : « Ça fonctionne très bien. Les gens comprennent l’importance de bien s’alimenter de bouger. On remarque de plus que des gens ont maigri qu’ils sont plus heureux, ils ont plus d’espoir. C’est très positif », affirmait Chantal Duguay, la directrice générale du CSSS Rocher-Percé à cette époque.

On lisait sur Graffici que ce projet visait « une clientèle qui est aux prises avec une maladie chronique (cholestérol, diabète, maladies cardio-respiratoires, etc.). Divers objectifs y sont ciblés : prévenir une dégradation de l’état de santé, favoriser une meilleure adhérence aux traitements, amener les participants à des changements de comportements vers de saines habitudes de vie, améliorer leur condition physique et leur mobilité et améliorer leur expérience de soin. »

Le premier touché et concerné par sa santé est le patient lui-même. Ne le perdons pas de vue. Bien outillé, il a toutes les raisons d’en prendre les rênes si on lui en laisse la chance.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

x